Trisha Brown, Floor of the forest (1970), Performance, Centre Georges Pompidou, Paris, 2008
[EN]
I would like to focus my research on the relationships between art practice and collective identity. As the individual identity is structured by the different representations a subject has of themselves, I would like to open a discussion about the representations that are constructed for the collective identity. Art practice is a possibility of a collective experience through common identifications. I could as well question the notion of subjectivity through the collective experience.
During these 6 weekly episodes, my focus of research will be: through the experience of art practice, how can we define our collective and individual identity?
Each episode would be independent to the others and will present projects from different fields. What do the artists transmit more than the transmission of art? Would the status of the artist be the guarantee of the memory?
I will present through the project Passing Drama of Angela Melitopoulos, the change of representations inside of the family between different generations. Then I will develop my research in the collective experience of Art as a memory, part of an identity.
On the other hand, I would like to question the changes of representations because of our relationships to the digital technologies. The on-line therapy or web therapy, especially proposed by the group of research BZFO - Arabic Internet-based treatment of PTSD would be my angle of investigation.
[FR]
Je souhaiterais investiguer au cours de mon projet de recherche les relations entretenues entre le champ de l’Art et l’identité collective.
Pour commencer, je définirai l’identité comme l’ensemble des différentes représentations qu’un sujet a de lui-même. Elles lui permettent de se situer comme sujet individuel et collectif. La représentation peut se définir comme une perception à laquelle s’associe une idée ou peut elle être aussi, selon la théorie psychanalytique “le contenu concret d’un acte de pensée”. Les différentes représentations mentales en se construisant, permettent le développement de l’individuation.
Dans le champ de l’Art on pourrait définir une représentation comme une imitation de l’apparence ou même son interprétation subjective. L’Art peut ainsi trouver son sens en ce qu’il propose une expérience collective de la subjectivité. Catherine Perret1 va même plus loin en affirmant que nous n’éprouvons jamais tant “notre individualité qu’en se la représentant au travers de fictions collectives”.
J’aimerais interroger l’expérience collective telle qu’elle est présente dans le champ de l’art et l’occasion générée par celle-ci de se reconnaître comme sujet tant individuel que collectif.
Je souhaiterais proposer au long des six premiers épisodes, différents projets ou démarches qui interrogent l’identité collective. Chaque épisode proposera un point de vue indépendant et autonome issu de différents champs de recherche. Cette logique est une façon d’expérimenter la “désubjectivation“, décrite par Angela Melitopoulos2.
Une première étape interrogera la notion de transmission dans la pratique artistique. Que nous transmettent les artistes? Sylvie Boulanger3 nous parle “du statut de l’artiste lui même”ou plus encore parle-t-on du “statut de l’artiste comme garant de la mémoire de notre temps”.4 Si l’on considère que la transmission est constructive et constitutive du sujet individuel, l’Art est-il opérateur de transmission? Ou comment ne l’est il pas?
Une deuxième étape partira du projet Passing Drama réalisée par Angela Melitopoulos5. Il ouvre une perspective sur l’expérience collective à travers plusieurs générations d’une même famille.
Une autre piste de recherche pourra être le changement de forme de l’Art ou comment cela modifie-t-il nos possibilités d’expérience collective. Comment cela ouvre-t-il ou empêche-t-il la possibilité de fictions collectives et donc la représentation d’une individualité?
Un nouvel épisode interrogera ce qu’à travers notre nouveau rapport aux technologies numériques est devenue, selon Angela Melitopoulos, une nouvelle “production audiovisuelle du Soi”. Elle ajoute que cela “devient l’agent de transmission dans le flux d’informations des mass-media ou encore défini comme le “corps” collectif des récepteurs de médias”.1
Ce changement incluant une réelle transformation de nos représentations, de nouveaux rapports humains se sont établis. Je souhaiterais en proposer une analyse par l’intermédiaire du programme Interapy, lancé à Berlin par le groupe de recherche BZFO qui ouvre la perspective d’une nouvelle forme de soutien, la web thérapie, aujourd’hui proposée dans le contexte d’un “impossible face à face“.6
Enfin, il me semble important d’interroger la mémoire collective définie comme élément déterminant de notre identité. Comment devient elle identitaire? L’identité collective dépend elle de la mémoire collective consciente et non consciente?
Ces différentes questions sont autant de terrains de recherches qui me permettront de définir une position individuelle au sein du collectif Season18.
- Art et transmission - introduction Séminaire organisé sous la Direction Scientifique de Catherine Perret au Centre Georges Pompidou, avril 2005 - novembre 2005.
- Avant la représentation Angela Melitopoulos, in Images vidéo en tant qu’agents dans Passing Drama & TIMESCAPES, Traduit par Yasemin Vaudable.
- Question d’inadaptation, Sylvie Boulanger, Directrice du Cneia (Chatou), Multitudes Hors Série N1 - Hiver 2007 - P 24.
- On nous cache tout/on nous dit rien. On nous cache rien/on nous dit tout, Eric Mangion, Directeur du Centre National d’Art Contemporain de la Villa Arson (Nice), Multitudes, Hors Série N1, Hiver 2007, p. 55.
- Passing Drama, Angela Melitopoulos.
- Le Monde, 13 janvier 2009.


No Comments on “Relationships between art practice and collective identity / Art et identité collective?”
You can track this conversation through its atom feed.
Leave a Reply