e3-elodieMAMAC, Nice. Vue des collections permanentes.

Cet épisode se fera en deux parties.
Une première partie interrogera notre représentation identitaire à travers l’image. Je présenterai dans un premier temps une définition du Self et de sa représentation pour ensuite introduire les effets identitaires que la vie on-line peut générer.

Dans une deuxième partie j’interrogerai Marianna Hovannysian, jeune curatrice arménienne et co-rédactrice de ce blog au sujet de la position qu’elle adopte face au média virtuel au sein de son travail. En effet, Marianna Hovhannisyan a axé sa recherche sur les différentes formes qu’empreinte le processus d’archivage.

Notre rapport représentatif à l’image se définit au travers l’infini des multiplicités qu’offre “la toile”, nous nous projetons à travers et dans notre complexité, posant la question de notre unité.
Cette unité prend ses racines dans la construction du Moi ou “self”, construction qui s’articule suivant trois étapes successives, selon Donald Woods Winnicott1, pédiatre et psychanalyste anglais (1896 - 1971).
En premier lieu, “l’identification” du nourrisson par la mère permet à celui-ci de commencer à structurer son Moi et son sentiment d’exister comme individu.
Ensuite, pendant le “stade de la perception” l’enfant se perçoit en miroir à travers la mère. Cela lui permettra d’accéder au sentiment de réalité. Cette étape permet de différencier ce qui est Moi du non-Moi.
Enfin le précepte du “Holding” est défini comme la façon dont l’enfant est physiquement porté par la mère. Cette étape cruciale conditionne son rapport au corps et son sentiment continu d’exister. Selon D. Winnicott, cette étape est constitutive du sentiment d’intégration (sentiment continu d’exister) de l’interrelation psychosomatique (comment la psyché s’installe dans le soma) et la capacité de rentrer en relation avec l’extérieur. Ces trois étapes constituent ce qu’on appelle le Moi, ou encore ” la capacité d’être seul”.
Lorsque l’individu est capable de se sentir différencié de l’extérieur en une unité, le Moi est dit mature. D. Winnicott lui donne le nom de “Self”, socle de l’identité.
Cette identité évolue et se structure en une multiplicité de rôles définis aussi par notre identité sociale. Ils nous permettent de nous adapter à notre environnement extérieur tout au long de notre développement.
Au sein de la vie on-line, comment la vie représentative vient interagir dans ce processus identitaire?
La vie en ligne offre une véritable expérimentation de notre identité en ce qu’elle est infinie dans sa forme et son contenu. Cette expérimentation se joue-t-elle entre différentes identités, au risque de leur impossible cohabitation, ou entre les multiples composantes de notre identité?
Sherry Turkle, Directrice du MIT Initiative on Technology and Self, psychologue et titulaire d’un doctorat de psychologie de la personnalité et de sociologie acquis à l’Université de Harvard, précise qu’à travers notre expérimentation de nous même dans la vie on-line, nous vivons notre multiplicité de façon intense.
Elle introduit par ailleurs la perspective que la vie on-line reprend un aspect de la vie quotidienne pour la mener à un degré supérieur. “(…) Le fait qu’une personne puisse partir d’une idée que je propose sur le web et qu’elle soit reprise et continuée par d’autres, renforce le sentiment d’appartenance.”2
Je souhaiterais introduire la notion de la mémoire à partir de cette idée d’appartenance, cette dernière nous renvoyant expressément à la notion d’identité collective.

Dans le système on-line qui reprend la multiplicité des données, des sources et des représentations, la mémoire est collective et vivante. Elle est dynamique et malléable, s’alimente et se transforme.

Selon Maurizio Lazzarato, “Le monde devient mémoire. Dans un monde qui se transforme en un cerveau collectif, la vie de l’homme est tout aussi incertaine et probable que le rapport entre les synapses. La vie à proprement parler n’a pas d’histoire. Elle ne se déroule pas en étant orientée vers un objectif mais elle enchaîne des situations et peut évoluer dans tous les sens. Elle ne peut être décrite comme succession dramatique d’éléments que lorsqu’elle est terminée. Ce n’est qu’à ce moment-là que tous les événements se rangent dans une histoire et deviennent visibles en tant qu’actions nécessaires dans une suite. Dans cette optique, la vie ne peut pas être représentée.”3

Dans cette perspective, j’introduirais dans une deuxième partie l’entretien avec Marianna Hovannysian. Je souhaiterais l’interroger sur sa propre représentation à l’intérieur du processus d’archivage dans lequel elle s’inclut comme objet et outil.
Comment, à travers ses rencontres avec différents acteurs de la scène artistique, se représente-t-elle la mémoire et la transmission de son identité?

  1. Bernard Golse, Le développement affectif et intellectuel de l’enfant (Masson, 2008).
  2. Frédérico Casalegno “Aux frontières du virtuel et du réel - entretien avec Sherry Turkle sur l’impact social des nouvelles formes de communication en-ligne” dans Revue des Sciences Humaines et Sociales, Sociétés N°68, De Boeck Université Editeur, 2000.
  3. Maurizio Lazzarato, “Digitale Montage und das Weben: Eine Ökologie des Gehirns für Maschinen Subjektivitäten” à propos de la vidéo Passing Drama d’ Angela Melitopoulos Zurich, 2002.


2 Comments on “Image and effects on the identity”

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  1. Madhana says:

    Thanks for writing this great blog I really enjoyed.

  2. хостинг says:

    beaucoup appris

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